Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Élections présidentielles 2017

Nous voici à un nouveau tournant important de la vie politique française. EELV a décidé d'être porteur de l'écologie politique dans cette campagne présidentielle pleine d'enjeux extrêmement importants… à nos lectrices et lecteurs de nous donner leurs points de vue et nous essayerons de leur apporter toutes les informations dont nous disposerons.

 

CHAINES VIDEOS DE YANNICK JADOT
https://www.youtube.com/channel/UCJg0QqSuqN5caoOtjpjG4KA
http://www.dailymotion.com/jadot2017

Rechercher

Nous contacter

En cas de problème, question, n'hésitez pas à nous envoyer un courriel à aixlesbains.ecologie @ gmail.com (sans espaces

Retrouvez-nous sur
LogoFacebook.jpg

Nous rejoindre

Vous pouvez soit nous soutenir en faisant un don ou en adhérant pour rejoindre le rassemblement des écologistes soit en coopérateur (en étant membre d'un autre parti politique) ou soit en adhérent du parti.
 

 

AGENDA

Nous contacter

Des infos plus précises seront données ultérieurement.

logoeelv2011blanc

20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:15

Les écologistes lectrices et lecteurs de ce blog se préparent à voter dimanche prochain, et, on le sait, certains sont perplexes. Le ralliement de Cohn-Bendit à Macron en a surpris quelques uns. Voici le point de vue du Secrétaire général EELV, David Cormand, exprimé dans les colonnes du journal Libération. Cela répondra peut être à quelques questions que l'on se pose.

David Cormand : «J’en veux beaucoup à Cohn-Bendit»
Par Rachid Laïreche dans Libération — 19 avril 2017 à 15:30


Le secrétaire national d'EE-LV ne digère pas le ralliement de «Dany» à En Marche et Macron, «candidat du vieux monde de la rente».

David Cormand : «J’en veux beaucoup à Cohn-Bendit»
L’idée d’une interview est née il y a quelques semaines après un déjeuner, près de la porte de Clignancourt. Le chef des Verts était très remonté contre la génération 68 qui filait chez Emmanuel Macron. Il n’a pas arrêté de taper durant tout le repas. L’idée est revenue à la surface il y a quelques jours après la parution d’une interview, dans les pages de Libé, de Dany Cohn-Bendit. Il expliquait les raisons de son vote Macron. David Cormand lui répond sèchement.

 

Ce mercredi, Dany Cohn-Bendit prendra la parole lors du meeting d’Emmanuel Macron, à Nantes, ça vous fait bizarre?
Oui. Dany a fait mai 1968, où sur les murs était notamment écrite cette promesse : «Mettons l’imagination au pouvoir.» Cinquante ans après, les mêmes nous disent : «Votez Macron pour faire barrage au FN.» Il n’y a pas pire aveu d’échec pour cette génération qui a promis un monde meilleur qui mettrait à bas les injustices, la misère dans le monde, le capitalisme et la destruction de la planète. Finalement, arrivés à la retraite, ils disent aux générations suivantes: «Désolé, finalement ça ne l’a pas fait. Mais bon, le mieux, c’est de voter quand même pour le gars qui reprend toutes les recettes qui n’ont pas fonctionné et tous les trucs qu’on était censé combattre.» J’en veux beaucoup à Dany. Quand on incarne un idéal qui nous dépasse, on ne peut pas jouir sans entrave de son statut en envoyant bouler celles et ceux qui n’ont pas lâché l’affaire et veulent toujours changer le monde.

 

Comment expliquez vous le départ de certains écolos chez Macron?
Il faudrait leur demander. Pour moi, ce sont des enfants perdus de l’écologie. Macron est le VRP des lobbys qui ont intérêt au statu quo. Or, l’écologie a besoin que l’on assume de grands changements, elle a besoin d’un grand virage… Bref, je leur souhaite bien du courage.

 

«Les barons noirs du baby-boom»
Selon vous, contrairement à Dany Cohn-Bendit, c’est aussi une question de génération?
En partie, oui. Regardez les têtes d’affiches qui soutiennent Macron: essentiellement des hommes blancs, nés entre 1940 et 1955, et qui ont bien réussi leur vie. Ils ont également en commun d’avoir été des acteurs et des concepteurs de premier plan de tout ce qui a été fait politiquement et économiquement dans notre pays depuis 40 ans. Ce sont ceux que j’appelle «les barons noirs du baby-boom». Ceux qui ont réussi à tirer leurs marrons du feu pendant les 40 années de crise qui ont suivi les «30 glorieuses». Ce sont les rentiers institutionnels, politiques et économiques des «30 piteuses».

 

Vous avez l’air en colère…
(Silence) Vous savez, j’ai 42 ans, je suis né en 1974, l’année où le budget de la France a été voté en déficit pour la première fois depuis très longtemps. Ils l’ont tous été ensuite. Pourtant, cette petite partie de la génération baby-boom a continué à maintenir son train de vie comme si de rien était au détriment d’ailleurs d’un grand nombre d’hommes et de femmes de leur âge qui perdaient leur boulot pendant la même période dans le textile, l’industrie, le commerce. Mais surtout, ils n’ont pas anticipé les grands changements dans le monde et notre pays. Sur le pont supérieur du Titanic, le champagne coulait à flots. Macron, malgré le verni de la modernité, c’est le candidat de ce vieux monde de la rente. C’est la phrase du Guépard: celui qui feint de «tout changer pour que rien ne change». Notre génération doit aussi se remettre en question. Nous avons été fascinés par nos parents. Ils nous en ont mis pleins les yeux avec l’imaginaire des sixties et des seventies quand la réalité de notre époque était la crise, le sida, etc. Mais en vérité, ce décor idyllique a masqué le début de l’explosion des inégalités, la destruction sans précédent de notre planète, la mise au chômage des plus fragiles… Bref, on s’est fait endormir. C’est de notre faute. Mais il est temps de se réveiller.

 

«On ne m’aura plus jamais avec le vote utile»
Selon vous, quel sera le décor à gauche après la présidentielle?
Ça va être passionnant. Nous sommes le seul pays en Europe, et dans le monde, où l’ensemble du camp progressiste - je n’y inclus pas Macron - a l’écologie au cœur de son projet: Mélenchon, Hamon, EE-LV. Et donc, soit on assiste à la bagarre habituelle sur le thème «plus pur que moi tu meurs», soit on construit enfin sur le fond un nouvel imaginaire. Les grandes lignes sont déjà visibles dans cette présidentielle. Quels seraient les grands axes de cette réinventions du camp du progrès ? Une République écologique, bien sûr, avec la dimension environnementale, mais aussi la dimension démocratique, économique et sociale: transition de l’économie, révolution du travail, etc. Un nouvel horizon pro-européen, clairement. Une société ouverte assumée, cosmopolite, métissée, contre le repli identitaire, pour l’égalité et de nouvelles solidarités. Il faut que la gauche sorte à la fois de l’âge marxiste et de l’âge néolibéral en choisissant la troisième voie: entrer dans l’âge écologiste. C’est la condition pour trouver les solutions nouvelles aux défis du monde qui vient. C’est aussi la condition des victoires à venir.

 

En attendant, il y a un scrutin dimanche, et au sein de votre parti, malgré l’accord signé avec Benoît Hamon, les désaccords persistent. Certains penchent pour le vote Mélenchon…
Pas vraiment. Il y a quelques soutiens à Jean-Luc Mélenchon, les mêmes que d’habitude… Et c’est vrai, une interrogation sincère sur le vote utile, qui est en réalité un vote tacticien. Dans cette présidentielle, j’ai un peu l’impression de vivre, à gauche, ce qu’on a pu connaître il y a 30 ou 40 ans entre Mitterrand et Rocard… Il y a la qualité du calcul tactique, de la posture, de la maîtrise de la relation médiatique, aussi, de Mitterrand-Mélenchon… Et il y a la sincérité, le sérieux et l’inventivité de Rocard-Hamon. Est-ce que la tactique et la posture ont vocation à toujours l’emporter face à la sincérité et l’inventivité? Ce n’est pas une fatalité. Je pense que les écologistes sont très à l’aise avec la candidature d’Hamon et le projet que nous avons en commun avec lui. Il est authentiquement écolo, dans son programme, sa façon de dire les choses et aussi dans sa résilience absolue face à l’adversité. Comme entre Mitterrand et Rocard: l’un était le meilleur candidat, l’autre aurait été le meilleur président. Aux Françaises et aux Français de choisir… Pour moi, c’est clair. On ne m’aura plus jamais avec les histoires de vote utile. Je vote par conviction, donc pour Benoît Hamon.

 

Rachid Laïreche

Repost 0
Publié par Europe Ecologie Les Verts Aix les Bains & Environs - dans Informations présidentielles David Cormand Cohn-Bendit
commenter cet article